Parcours d'Alumni : Nicolas Petit-Barreau, diplômé de la section Marketing

11 nov. 2020

Ce mois-ci, HELMO Alumni a rencontré Nicolas Petit-Barreau, diplômé du cursus Marketing en 2013. Son histoire nous prouve qu’on peut vivre autrement en restant en Belgique. Il a choisi de prendre le temps et habite dans une yourte qu’il a fabriquée lui-même. Depuis peu, il lance aussi sa propre entreprise et cherche l’équilibre entre travail et temps pour soi.

 

 
 
 
 
 
 
 
RETOUR SUR SON PARCOURS SCOLAIRE.

A l’âge de 18 ans, Nicolas habite Leuven. Né d’une maman flamande et d’un papa francophone, mais séparés, il passe d’une communauté à l’autre chaque semaine et étudie l’économie en secondaire. Très peu motivé par l’idée de poursuivre des études, il choisit de travailler et enchaîne les petits boulots. Il tente d’abord le milieu de l’HORECA. Mais il s’ennuie. Il entreprend alors une formation en électricité du bâtiment. Il n’accroche pas mais va jusqu’au bout de la formation. Ensuite, grâce à sa maîtrise des langues étrangères, il obtient un boulot de commercial d’abord dans l’automobile puis dans le médical. Mais après quelques mois, Nicolas en a marre. Il s’aperçoit que s’il veut ouvrir les portes au niveau professionnel, il est important de poursuivre des études supérieures.

Sa copine de l’époque est liégeoise. Il se dit qu’étudier en français l’aidera à perfectionner la langue. C’est comme cela qu’il s’inscrit à HELMo dans le cursus Marketing. Son objectif est de se donner à fond pour obtenir ses 3 mois de vacances en été. En deuxième année, Nicolas pratique beaucoup le sport parallèlement à ses études et en fin de deuxième, il s’intéresse à l’AEH (Association des Etudiants de HELMo). Il faut y créer un nouveau bureau et surtout recruter de nouveaux bénévoles pour relancer l’association. C’est en faisant le tour des auditoires pour convaincre qu’il rencontre de chouettes personnes comme Sophie Gilissen qui milite déjà pour la cause étudiante ou John Lebière qui souhaite s’investir dans l’événementiel. Ils feront partie de la même équipe au sein de l’AEH. Nicolas garde en mémoire cette expérience du bénévolat comme quelque chose de très riche. Il se souvient avec émotion d’avoir réussi à donner envie. L’AEH révèle son côté entrepreneurial et même s’il se sent parfois débordé, il apprécie particulièrement son expérience dans cette association.

PREMIÈRES EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES POST-ÉTUDES

Dès sa sortie de HELMo, grâce à une rencontre lors d’une session marketing organisée à l’école, Nicolas reçoit une proposition de job : vendre le concept de création de sites web. Il pense qu’après 3-4 ans de travail acharné, il aura moins de boulot et que c’est un bon plan. Mais après trois mois, Nicolas est épuisé. Il n’arrive pas à payer son loyer et ne trouve pas de sens à ce qu’il fait. Il décroche alors un boulot chez Lampiris dans le service BtoB. Il commence par répondre au téléphone puis, 6 mois plus tard, il passe dans le service Marketing. Il rejoint une grosse équipe et vend le plus de contrats possible sen utilisant toutes les techniques du marketing. Son travail est stressant. Certes, il lui apporte une expérience en terme de vente mais humainement, il rencontre peu de personnes avec qui cela colle vraiment.

CHANGEMENT DE VIE

Nicolas rêve de voyage depuis longtemps. Il décide de faire un break et part 7 mois en Amérique centrale, sac sur le dos, avec sa copine. En chemin, il se fait la promesse qu’il ne travaillera plus dans une structure qui n’a pas de sens pour lui. Il veut aussi profiter du temps.

En 2016, il revient, se marie et décide avec sa femme de diminuer ses frais de vie et de se rapprocher de la nature. Ils souhaitent tester l’habitat léger. Ils envisagent des habitats comme la Tiny house, la yourte, la maison terre-paille. C’est finalement la yourte qui remporte la palme du confort et durant un an, il construit lui-même sa yourte avec ses économies, sur un terrain prêté par une connaissance.

SON PASSAGE CHEZ INCREDIBLE COMPANY

C’est en allant à la rencontre des gens qu’il décroche un mi-temps au sein d’un projet de coopérative qui propose des projets de transition aux entreprises, à Louvain-la-Neuve : Incredible Company. Il s’occupe en particulier de développer un jardin partagé pour les entreprises. Ce jardin devient aussi un lieu de formation : l’Incredible Oasis. Des Team buildings sont organisés dans l’Oasis, écrin de nature au milieu d’un parc d’affaire. La nature contribue à connecter les clients à eux-mêmes et aux autres. L’impact du lieu est énorme sur le mental des gens.

Un an plus tard, il est engagé à temps plein dans le but de multiplier le concept.
De nombreux bénévoles viennent aider Nicolas. Ils s’accompagnent mutuellement. Nicolas y fait de jolies rencontres. Parallèlement, il est aussi bénévole du festival Maintenant, où il crée aussi du lien. Il tisse son réseau sans le savoir.

Avec ses collègues, ils décident de lever des fonds afin de se développer. Ils passent de 15 à 115 coopérateurs en quelques mois et grâce au mécanisme de financement Brasero, la Sowacsom double le capital.
 

LA CRISE DE LA COVID, UNE OPPORTUNITÉ

Il est difficile de convaincre les entreprises d’autant plus que la crise de la pandémie débarque. Durant le confinement, Incredible Company transforme son offre en ateliers on-line mais ça ne semble pas être la solution pour continuer à remplir sa mission. De plus, la rentabilité n’est pas au rendez-vous.

L’équipe d’Incredible Company doit impérativement décroître pour passer cette crise sanitaire et Nicolas y voit une opportunité pour quitter son job et lancer son activité. 
 

ANKU

Nicolas a toujours envie de créer des lieux qui ont un impact sur les gens. Il décide d’accompagner les gens dans l’éco construction, propose des solutions clé sur porte, des chantiers participatifs et des formations. Il souhaite aider les gens à se rapprocher de la nature. Les personnes qu’il a rencontrées récemment viennent vers lui et il développe assez vite ses activités. Depuis juin 2020, Nicolas est indépendant à titre principal de sa propre entreprise ANKU. « Je me sens en phase avec mes valeurs par rapport au travail, au mode de vie que j’ai choisi, aux personnes que je côtoie, au travail que j’effectue », explique-t-il.

SYMBIOSES

Parallèlement, durant l’un de ces chantiers, Nicolas rencontre Guy Dugauthier, un jeune pensionné dont le rêve est d’accompagner les artisans à développer leur activité. Guy est ex-patron d’entreprise et accompagne Nicolas pour passer de l’idée à un projet rentable et qui lui permette de vivre de sa passion.

Nicolas devient ainsi l’un des premiers bénéficiaires des services de Guy et en échange, il lui ramène des clients de son réseau. Il devient aussi membre et administrateur de l’ASBL SYMBIOSES. « C’est surtout beaucoup de partage vers les gens qui ont envie de se lancer et le côté intergénérationnel est vraiment très riche », explique-t-il. « C’est une perte énorme pour notre société de ne pas utiliser la richesse des anciens qui peuvent transmettre beaucoup aux jeunes. Les jeunes peuvent à leur tour être porteur de sens pour les anciens. C’est comme une relation symbiotique où on échange mutuellement, d’où le nom de l’ASBL», raconte-t-il. « Le mentorat apporte un vrai échange et crée du lien », insiste-t-il.

« L’idée est de développer un modèle Artisan, par opposition au modèle industriel où l’humain et la nature sont trop souvent réduits à de simples valeurs marchandes.» conclut-il.

SA PHILOSOPHIE DE VIE ?

« Changer le monde un jour à la fois pour réparer les dégats ».

Nicolas travaille sur son développement personnel pour lever ses obstacles tour à tour. Convaincu par la croyance que « nous sommes sur terre dans le but de découvrir qui on est vraiment, pour nous permettre de grandir et que donc la vie sur terre est un moment parmi d’autres dans lesquels il faut apprendre à se dépasser », Nicolas reste persuadé que la plus grande richesse c’est le temps. « J’ai choisi de faire au jour le jour ce qui me rend heureux » confie-t-il.

Bosseur, Nicolas travaille actuellement plus de 10h par jour.  « Je cherche un équilibre entre mes nouveaux projets. J’ai à la fois envie d’être à l’aise financièrement tout en acceptant de réduire mes frais de vie. J’ai envie d’être rentable. Pas pour gagner beaucoup plus mais pour avoir plus de temps disponible ». Pour quoi faire ? Pour donner du temps aux autres par exemple, pour faire de la recherche et développement et redécouvrir d’anciennes techniques de construction.

Nicolas sera bientôt invité au cours de Françoise Gabriel pour convaincre les étudiants des richesses des compétences acquises au cours de leur formation pour développer des projets durables.

HELMo Alumni est certain qu’il sèmera quelques graines lors de son passage…
 

Contacts:
SYMBIOSES : Guy Dugauthier (0499 87 22 87)
 guydugauthier@gmail.com

ANKU : Nicolas Petit-Barreau (0472 63 88 28)
nico.petit.barreau@gmail.com
www.facebook.com/anku.org
www.instagram.com/anku_org/


 


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