Fairouz Harrabi, diplômée Sage-Femme et Infirmière

30 avr. 2020

HELMo Alumni partage ce mois-ci le parcours de Fairouz Harrabi, diplômée de HELMo Sainte-Julienne en Sage-Femme et Soins infirmiers en 2013 et 2014. Déterminée et dynamique, elle nous raconte comment elle est devenue depuis peu, cheffe adjointe du service de maternité au CHU Les bruyères.

Son parcours scolaireSon parcours scolaire 

Fairouz sort du Lycée de Waha avec l’envie de devenir médecin. Elle entame donc sa première année de médecine mais s’aperçoit vite que la discipline ne lui apportera pas ce qu’elle imaginait.

Elle voudrait un métier en lien avec la santé et en contact avec les bébés. Captivée par les histoires passionnantes que sa grand-mère maternelle lui racontait au sujet de l'Espagne, dans les années ’50, où elle accouchait les femmes, elle choisit de s’orienter vers la formation de Sage-Femme.

Elle débute sa formation à la HEPL mais après un échec, elle choisit de recommencer sa deuxième à HELMo Sainte-Julienne et y termine son parcours sans embûche.

Attirée par le voyage, Fairouz réalise des stages en 2ème et 3ème années au Maroc. Là-bas, les stagiaires reçoivent vite des responsabilités. Et dès son premier stage, elle y réalise son premier accouchement. Ce souvenir reste gravé dans sa mémoire. Après cette expérience inoubliable, « je savais que j’avais fait le bon choix », raconte-t-elle.

Au fil des apprentissages elle réalise aussi que le métier de Sage-femme est un métier à part. « On n’est ni médecin, ni infirmière. On accompagne la naissance du bébé mais aussi la naissance de la maman », explique-t-elle.

Même si ses années d’étudiantes ont été exigeantes car « il s’agit d’apprendre à gérer son stress face à la peur de mal mettre en pratique les connaissances et de s’adapter aux changements des lieux de stage et des équipes » elle vit « plutôt bien le travail important que la formation exige ». Elle se souvient de la bienveillance et de l’accompagnement vers la réussite de la part des enseignants. Durant son parcours en Sage-Femme, sous la coordination de Chantal Robin, une personne qui l’a marquée, elle apprend aussi que le métier de Sage-Femme est bien plus qu’un métier, « c’est une philosophie ». La formation permet aussi de travailler dans des milieux où on « défend la Femme et sa sexualité ».

Première expérience professionnelle.

Diplômée en 2013, elle est engagée à mi-temps à l’hôpital des Bruyères et entame parallèlement une année en soins infirmiers. Si les enseignements sont complètement différents, c’est « un plus indéniable pour enrichir ses connaissances et ses pratiques qui pourrait servir aussi si elle décidait de partir travailler à l’étranger".

En 2014, elle obtient son diplôme et est engagée à temps plein comme sage-femme, toujours aux Bruyères. Elle tourne entre 3 services : Maternité, bloc opératoire et néonatalogie.

En 2015, Fairouz décide de prendre un 4/5ème  temps pour suivre un Master en Santé publique à l’ULiège. Fairouz a soif d’apprendre et se dit que c’est une corde de plus à son arc si elle souhaite enseigner, travailler à l’OMS ou à la gestion hospitalière plus tard.

Parallèlement, elle parvient à penser aussi à sa vie privée et donne naissance à deux enfants en 2017 et 2018. Elle accouche d‘ailleurs de son premier bébé le jour de sa défense de mémoire.

Hyperactive, Fairouz est partout en même temps. Elle diminue son temps de travail à l’hôpital pour rejoindre HELMo Sainte-Julienne comme enseignante en supervision de stage jusqu’en décembre 2019. Elle apprécie être proche des étudiants mais une nouvelle opportunité s’offre à elle.

En janvier 2020, elle remplace une de ses cheffes partie à la pension et devient cheffe-adjointe du service Maternité. Elle pratique les pauses pour continuer d’exercer les gestes techniques et elle s’occupe à présent surtout de l’aspect administratif du métier, de la gestion des procédures et des horaires et de l’accompagnement des étudiants-stagiaires, ce qu’elle affectionne particulièrement. Elle souhaite d’ailleurs les accompagner avec bienveillance, comme elle l’a été avant eux. Ce qui ne l’empêche pas « d’être stricte et exigeante », admet-elle. « C’est une autre optique du métier, un nouveau défi que je me suis donné », explique-t-elle.

Le covid19, son baptême du feu.

Quand le covid19 débarque en Belgique, Fairouz n’est à son poste que depuis quelques semaines. C’est donc dans ce contexte qu’elle apprend le métier. Un véritable « baptême du feu », explique-t-elle car il s’agit de repenser toutes les procédures de sécurité sanitaire. Une situation anxiogène qu’elle parvient à gérer grâce à sa bonne entente avec sa cheffe d’unité, Mme Lebrun et une équipe en or sur qui elle peut compter. Le travail se fait aussi en équipe interdisciplinaire et cela reste une expérience enrichissante.

« Au début, c’était compliqué car on était face à l’inconnu. Au fil des jours, on a mis en place une procédure spécifique et ça s’est calmé. On a dû interdire les visites aux mamans et depuis deux semaines, elles sont testées à leur arrivée afin de placer la maman « covid » dans des chambres isolées. Il s’agit la plupart du temps de patientes asymptomatiques mais nous avons dû aménager une salle spéciale au bloc. On a toujours peur d’être contaminée mais on gère avec plus de recul à présent », raconte-t-elle. « Pour les autres patientes, ce n’est pas facile non plus de devenir maman en ce moment », ajoute-t-elle.

Le service de maternité reste un service protégé et à part des services du Covid et les contacts avec les collègues des autres étages ne se fait plus que par téléphone.

Sa vie privée 

Fairouz a vécu ses dernières années, avec intensité, à 200 à l’heure, entre travail et formation. Elle s’occupe aussi de ses deux bébés de 1an½ et 2ans ½. Il lui reste peu de temps pour autre chose. Mais quand ils auront grandi, Fairouz aimerait voyager. Pourquoi pas un jour partir pour MSF, un vieux rêve.

Un message pour les étudiants ? « Persévérer et apprendre à se relever pour atteindre ses objectifs ».


Autres communications