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  • Parcours d'Alumni : Luc Pire, diplômé de HELMo ESAS

    28 fév. 2019

    HELMo Alumni a rencontré Luc Pire, créateur de la célèbre maison d’édition qui porte son nom. Diplômé de HELMo ESAS en 1978 , il nous a reçu très simplement entre deux rendez-vous. C’est que l’homme d’affaires de 62 ans ne tient pas en place et enchaîne les expériences.

    Retour sur son parcours professionnel où valeurs sociétales et entrepreneuriat cohabitent dans un subtil équilibre…

    Des études sociales pour un jeune entrepreneur.
    Début des années ’70, alors qu’il est toujours en rhéto au Collège Saint-Servais, Luc est aussi correspondant des lycéens liégeois pour le Journal POUR.
    Il s’agit d’un journal politiquement engagé et Luc s’y investit à temps plein, en s’arrangeant pour réussir parallèlement sur le plan scolaire. Auto-géré, le fonctionnement du journal est original. Les fonctions sont partagées afin que chacun prenne en charge des tâches manuelles et intellectuelles et le salaire est équitable entre les différents travailleurs.


    Pour rassurer ses parents, Luc décide de poursuivre des études après sa rhéto. Chef scout, il a aussi une fibre sociale et c’est très naturellement qu’il choisit HELMo ESAS, appelé à l’époque CFS, pour obtenir le diplôme d’assistant social. « J’y rencontre de très chouettes profs, en particulier Madame Macar, prof de psycho et Georges Campiolli que j’appréciais particulièrement ». Pour l’époque, Luc se sent un peu comme un OVNI mais les profs très ouverts, acceptent ses absences au cours et lui permettent de continuer de développer ses activités au journal.

    Ses premiers boulots.
    Il garde à l’esprit l’importance d’aller au bout et de réussir ses études. Il gère… Après quelques années et une certaine reconnaissance, le journal s’effondre doucement. Diplômé, il trouve un boulot en tant qu’assistant social à l’école Les Castors. Parallèlement, il lance avec 3 amis, une coopérative d’imprimerie. Il y prend le rôle de commercial tout en travaillant aux Castors durant deux ans.


     

    Reconnaissance de la part de LivresHebdo

    Ensuite, il devient directeur du Centre national Inforjeune à l’âge de 28 ans. Il crée la Carte jeunes européenne et relance du même coup l’association. A Infor jeunes, il touche à tout et en particulier à l’édition et au marketing. Ensuite il est sollicité par l’unité « Europe des citoyens » de la Commission européenne et prend en charge l’information des jeunes pendant 4 ans.


    Success-story…
    En 1991, entrepreneur dans l’âme, fort de l’expérience accumulée depuis ses premiers pas au journal, et du réseau professionnel qu’il a tissé, Luc décide de monter sa boîte de communication. Il se spécialise en communication institutionnelle, où la maîtrise du contenu communiqué est prépondérant. Il fait sa place dans le domaine.

    Quelques années plus tard, le livre « Le Vlaams Blok» , sorti en 1994 et qui dénonce les idées de ce parti flamand d’extrême droite déclenche son envie d’éditer.

    En effet, il décide de publier le livre en français. Il rachète les droits du livre, le fait traduire et l’édite en 2000 exemplaires qui s’écoulent très rapidement. Cet acte militant le met en réflexion. Il va à la rencontre des libraires pour connaître leurs clients et s’aperçoit rapidement qu’il existe très peu de livres politique ou d’investigation. Il y a une place à prendre. C’est ainsi qu’il décide de monter sa propre société d’édition Luc Pire. En 5 ou 6 ans, il devient numéro 1 dans le domaine et crée 30 temps plein. Il reste persuadé que c’est l’équation gagnante entre ses compétences, son expérience, son goût pour le livre et les valeurs sociétales qui l’animent qui l’a mené où il est.

    Dans la foulée, il relance la Foire du livre et développe le chèque-Livre. Si le milieu fermé de l’édition critique Luc Pire et colporte une image négative de l’éditeur, d’autres reconnaissent son talent. En mars 2018, le magazine français de référence de l'édition "LivresHebdo" désigne d’ailleurs Luc Pire comme un des "Huits personnages qui ont façonné l'édition belge". Une belle reconnaissance dont il est fier. En quelques années il éditera près de 1500 livres qui se vendront très bien.

    Nouveaux défis.
    Luc aime le changement et revend tout en 2012.

    Mehdi et Ryan Nizet (Helmo) fêtant au
    Venturelab avec leur coach la constitution de leur société.
     



    En 2014, Bernard Surlemont, professeur d’entrepreneuriat à HEC Liège lui propose de rejoindre Hubert Brogniez et Philippe Woitrin pour mettre en place le VentureLab. Destiné à faciliter l’entrepreneuriat des jeunes, l’ASBL est lancée rapidement, soutenue par l’ULiège, des sponsorings privés et des subsides des pouvoirs publics. Quelques mois après sa création, le Venturelab s’ouvre aux étudiants des hautes écoles et de nombreux étudiants de HELMo ont déjà utilisé ses services.

    Le projet motive Luc Pire car il souhaite soutenir les jeunes et partager son expérience. « L’entrepreneuriat des jeunes peut peser dans la balance et favoriser le changement ». Il rejoint donc la petite équipe. Administrateur du Venturelab, Luc est aussi coach et, avec 16 autres personnalités, ils accompagnent aujourd’hui plus de 100 projets..
    Le reste du temps, Luc continue d’entreprendre et de s’engager. Il est actuellement administrateur bénévole d’Amnesty International Belgique en tant que trésorier.

    En janvier 2018, il lance aussi avec une institutrice Corine Paquay, l’Ecole de devoirs La Place. Située dans le quartier St Léonard, l’école accueille des enfants de 6 à 12 ans, tous réseaux confondus. L’ASBL recherche actuellement de nouveaux volontaires pour les accompagner dans leur devoir et les animer.

    En janvier 2019, Luc Pire est devenu le président du Comité d’éthique de la chocolaterie Galler. Salvatore Ianello, le nouvel administrateur-délégué de la chocolaterie et coach au Venturelab souhaite en effet engager son entreprise dans une politique équitable et éco-responsable. Une première action est en préparation avec l’Uliège et Fairtrade Belgium, pour replanter des arbres et mieux rémunérer les gens qui récoltent le cacao.

    De l’action et des valeurs…

    Multi-tâches, Luc ne sait pas s’arrêter et tous les 4 ou 5 ans, il renouvelle les expériences. Mais pas n’importe comment. Il souhaite continuer de s’engager au niveau sociétal et cherche à allier l’entrepreneuriat avec ses valeurs. Pour lui, les travailleurs et la planète sont aussi importants que l’affaire en tant que telle.

    A 62 ans, Luc vit à Olne depuis 4 ans. Fan de mobilité douce, Luc se déplace principalement en train et en vélo. Il cherche aussi à peser le moins possible dans l’écosystème de la planète. Sa maison n’est pas reliée à l’eau potable, elle fonctionne avec l’eau de source, il a des panneaux solaires et une voiture électrique et essaie de vivre en adéquation avec ses valeurs.

    en train vers la Marche pour le climat 2 décembre 2018



    Pour garder la forme, Luc pratique le sport et s’octroie chaque jour une sieste mais il ne compte pas s’arrêter de développer des projets. Quand il se pose ou qu’il circule en train, il dévore les livres, en particulier des livres d’histoire, des polars et de la littérature anglo-saxonne. Récemment il a adoré les deux livres de Yval Noah Harari « Sapiens » et « Homo Deus ».  Il reste fasciné par l’humanité et les perspectives futuristes, même si l’évolution des technologies lui font peur aussi.

    Aujourd’hui Luc se sent privilégié. « J’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire. Le plaisir prend toujours le dessus ». Et il ajoute : « ceux qui veulent entreprendre doivent oser le faire sans perdre de vue que cela représente beaucoup de travail et en gardant à l’esprit leurs valeurs personnelles. Le projet doit passer avant l’argent ».


    Autres communications

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