Parcours d'Alumni : David Renard, diplômé infirmier spécialisé en SIAMU

30 nov. 2018

Ce mois-ci, HELMo Alumni a rencontré David Renard. Infirmier spécialisé en SIAMU et diplômé depuis 10 ans de HELMo Sainte-Julienne, son parcours d’aventurier pourrait en inspirer certains… C’est entre deux missions pour Médecins Sans frontières que David nous raconte son parcours atypique.

Sa formation à HELMo Sainte-Julienne. 

Après ses secondaires, David entame une formation en Informatique à l’Uliège . Il comprend vite que l'outil informatique n’est pas pour lui. Il a besoin de davantage de contacts humains et cherche à se réorienter. Il visite les écoles de la région de Liège. Sa découverte de HELMo Sainte-Julienne lui apporte un déclic. Il décide d’entamer des études d’infirmier.

Ses débuts dans la section sont difficiles car les cours pratiques ne l’emballent pas mais dès son premier stage, le contact avec les patients et avec les équipes soignantes le stimule. Son choix hésitant du début se confirme au fur et à mesure. Il aime aussi l’ambiance de la classe et la titulaire madame Manresa, qui chouchoute et encourage ses étudiants. Après son bachelier, il continue sur sa lancée et entame la spécialisation SIAMU (Soins intensifs et Aide Médicale Urgente). Le métier est plus réflexif et plus technique et ça lui plait particulièrement.

Son dernier stage à Lausanne (suite à un échange organisé par le service des Relations Internationales) se passe très bien et en 2008, David, diplômé, y est engagé. Il reste deux ans en Suisse, dans un service de Soins intensifs en chirurgie cardiaque. Ce premier emploi est ardu car très technique mais c’est aussi très formateur.

Vers Médecins sans frontières…

Toujours motivé d’apprendre, plusieurs rencontres en Suisse le poussent à poursuivre une formation à Anvers en médecine tropicale. Cette formation de 4 mois lui apporte principalement une connaissance poussée de trois maladies (VIH, malaria et tuberculose). Il y côtoit une soixantaine de personnes venues du monde entier pour se former, en vue de partir en mission humanitaire. Cela nourri ses réflexions : « Je découvre un univers qui me plaît, où je me sens bien ». Pourtant, David ne passe pas le cap immédiatement et décide d’accepter un contrat de remplacement de 6 mois dans un service d’urgence.

Finalement, l’envie d’aventure, le besoin d’adrénaline ont raison de lui et il postule à Médecins Sans Frontières. Après sa sélection et quatre mois d’attente, David part pour sa première mission à Kunduz, en Afghanistan. Il y est responsable du Service des Soins intensifs au grand hôpital de la ville. Depuis, David enchaîne les missions et part pour le Pakistan, Tchétchénie, le Yemen et la Syrie.


Ses expériences à MSF lui permettent de voir de quoi il est capable et de découvrir des personnes qu’il ne connait pas au départ mais avec qui il doit vivre. Il crée des liens forts avec ses collègues et certains deviennent des amis. A chaque mission, on lui confie de plus en plus de responsabilités. Il manage de grosses équipes.  Et entre chaque séjour, il revient à la source, souffle un peu et effectue des interim en hôpital où il pratique son métier d’infirmier.

Se former et former, une passion !

Depuis 2 ans, au sein de MSF, il part régulièrement pour former les équipes locales à l’ABCDEF de la prise en charge du patient critique. Les missions sont plus courtes mais ce travail le passionne. « J’y retrouve le côté technique, j’y partage mon expérience et je garde le contact avec les gens, ce qui reste primordial pour moi ».

Parallèlement, David a toujours soif d’apprendre et se laisse tenter par un Master en Santé Publique Internationale. Il est accepté sur dossier (parmi 30 sélectionnés sur 900 postulants) à Stockholm et il y suit une formation jusqu’en juin 2018. Là aussi, les rencontres sont nombreuses et la formation, plus académique, lui permet de découvrir le fonctionnement de l’ONU et de l’OMS mais aussi d’approcher la Recherche. Il écrit  ainsi une thèse qui analyse l’efficacité  de formations à l’hygiène hospitalière, délivrées en Inde. Il prépare actuellement un article qui pourrait être publié dans le « Journal of Hospital Infection ».


Une aventure humaine

En juillet, après son master, entrecoupé d’une mission pour MSF, David et son frère décident de partir bourlinguer en vélo sur la route de la Soie. Ils suivent le Danube jusqu’en Bulgarie puis traversent la Turquie et atteignent l’IRAN. Après ce périple, David revient avec une certitude de plus : « Plus on se dirigeait vers l’Est et plus les habitants étaient accueillants et chaleureux, j’aime le Moyen Orient et les gens qui y vivent ».

Minimaliste, David n’a pas besoin de beaucoup de confort. Il aime se sentir libre. Et c’est toujours en partance vers quelque part que David vit pleinement chaque moment de sa vie. Il estime que ses expériences professionnelles, les rencontres multiculturelles, les chemins partagés ou empruntés seul lui ont appris beaucoup sur lui-même.


Jusque là, la phrase de J.A Shedd que David affectionne, lui colle à la peau : "A ship in harbor is safe, but that is not what ships are built for. » (« Le propre d’un bateau n’est pas de rester au port, même s’il y est en sécurité ».)

Pourtant aujourd’hui, David commence à avoir envie de poser ses valises. Et si des propositions viennent à lui comme un doctorat à Stockholm, un poste d’assistant de recherche à Londres ou la possibilité de travailler à nouveau en hôpital ,il s’aperçoit que former les autres est un métier qui l’épanouit pleinement.


Sur le plan personnel, à ce jour, David confie qu’il aimerait deux choses : créer du lien avec les gens et avoir un jardin à cultiver. « Je fais confiance à la vie et quand le moment sera venu, je saurai quelle voie prendre ».

Peu importe la piste qu’il empruntera, on lui souhaite un joli sentier à parcourir pour la suite …

 

 

 

 

 

Les conditions pour postuler à MSF:

  • Avoir 2 ans d’expérience
  • Etre en bonne santé
  • Parler anglais
  • Etre motivé

La sélection :

Après l’envoi de sa candidature, le candidat est appelé pour une journée de recrutement à Bruxelles. Il y passe un test d’anglais et un test en dynamique de groupe où on teste sa façon de réagir et d’interagir avec les autres. Une ou deux semaines plus tard, on sait si on est sélectionné. L’attente de la première mission est parfois longue car les postes disponibles sont limités lorsque l’on n’a pas encore d’expérience.

Le fonctionnement :

la durée des missions varie généralement de 3 mois à 1 an,  selon les risques du pays où on est envoyé. La sécurité influence la vie au quotidien. Si le pays est à risque, on est très souvent limités dans nos mouvements et on partage son temps entre le lieu de travail et la maison que l’on partage avec ses collègues. Par exemple, en Afghanistan David vivait avec  20autres expatriés de MSF. On y est logé, nourrit. On travaille beaucoup.

L’infirmier travaille en binôme avec un local et l’objectif est de le former  à travailler de manière autonome. On reçoit toujours des postes à responsabilité.

Plus d'info : Travailler sur le terrain pour MSF


 


 
 


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